- Notes sur
l'étymologie du
nom : Prénouvellon (ouvrage rédigé par
Madame Noelle BONAMY-LANGE/janvier 1987)
- Compléments
sur l'histoire de PEREIO NEVELONIS (ouvrage de Madame Noelle
BONAMY-LANGE /janvier 1987)
Notes sur
l'étymologie du
nom : Prénouvellon (ouvrage rédigé par
Madame Noelle BONAMY-LANGE/janvier 1987)
Au
premier abord, on peut penser qu'un
pré ayant appartenu à Nouvellon fut à
l'origine
de ce nom; il n'en est rien.
Indiquerait-il
un lieu pierreux, comme
en Perreuse ou la Perrière? Vraisemblablement non.
Son
étymologie présente
des particularités plus complexes.
Aux
premiers siècles de notre
ère, après la conquëte romaine, notre
village fut
appelé:
PIRETUM
D'après
J. Soyer, dans «
Notes sur l'étymologie de quelques noms de lieux du
département du Loir-et-Cher », Piretum
serait issu
de « pirus » signifiant
«poirier »
; le suffixe « étum »
indiquant une
collectivité, Piretum aurait alors
désigné un
lieu planté de poiriers.
Cependant
– toute déférence
gardée à l'auteur pour la somme et la
qualité de
ses oeuvres – cette définition, valable en
d'autres terres,
est invraisemblable en Beauce. (1 )
Mais
il est certain que, très
tôt, ce village fut nommé par son peuple :
PERREIO PEREIO PIREIO.....
et
écrit sous l'une ou l'autre
de ces formes, selon le scribe de l'époque et du lieu.
C'est
ainsi qu'au sujet d'échanges
de terres, de baux, de dons, on relève dans le cartulaire de
l'abbaye de Tiron, dans le Dunois, dont faisait partie ce village:
Perreio
en 1125 – Pereium en 1126
– Pireio en 1129 – Pereo en 1131 – Pereio
en 1135 – Perei en
1150 ( ces indications sont dues à B. Legrand )
Ces
vocables, selon moi, sont dérivés
de « père
esio », désignant
la cenelle, fruit de l'aubépine, un peu partout
considérée
« poire d'oiseau ». En parler
beauceron des
plus anciens, père = poire et ésio = oiseau. ( 2 )
En
1139, la bulle du pape Innocent II
« Gallia Christiana » mentionne
à la
nomination de l'abbaye de Beaugency: Ecclésia
Sanctus
Leobinus de Pireto ( église Saint-Lubin ).
Puis,
en 1190, dans le cartulaire de
l'abbaye de la Madeleine, de Châteaudun, de Merlet et Jarry,
on
lit: Pereio Nevelonis.
Et
en 1264, sur le cartulaire de Tiron,
au sujet de la métairie de Chardonelles, on trouve: Pereyo
Nevelonis.
L'un
et l'autre de ces vocables
indiquent l'appartenance de ce lieu à Nevelo ou Nivelo-onis,
seigneur de Fréteval. ( J. Soyer )
Puis,
l'évolution de l'écriture
fit apparaître:
Perai Nevelonis
qui
devint ensuite, selon la règle
générale:
Peray Nevelonis
et
par contraction courante dans le
langage et l'écriture:
Pray Nevelonis
Mais,
de bonne heure, selon Soyer, ce
nom « Pray » fut confondu avec le
mot
« pré »= »prairie »,
et l'on relève alors, à la fin du
XVème siècle:
Pratum Nevelonis
Puis,
l'expression latine disparut, et
on écrivit en langue française:
Pre Nouvelon
La
forme actuelle finit par s'imposer
et l'on écrit maintenant:
Prénouvellon
Conclusion
– Après avis
d'éminents spécialistes, il est parfaitement
crédible
qu'en ce lieu- clairière ou lisière de bois
où
abondaient les aubépines- quelques huttes ont
été
à l'origine de Prénouvellon et de son nom.... son
bien
joli nom.
(1) A quelques exceptions
près, le poirier pousse assez mal en Beauce. Il a besoin
d'un sol d'alluvions et non calcaire.
« En Beauce, on
voué
du pergnié, mé jamé biocoup
d'pouérié ».
Cet
arbre, plus que d'autres, a besoin
d'air, d'espace. Même à l'état sauvage,
se
reproduisant par drageons, il ne peut fournir que de très
petits taillis, non un ensemble important. ( Langé, Vedel,
Luzu )
Les
fruits à pépins
donnent rarement une plantule apte à se
développer sous
l'arbre qui les a produits, ou à proximité,
d'où
une répartition disséminée
plutôt que
groupée.
(2)
La cenelle, vue « poire
d'oiseau » donnant ici
« père
ésio » ou
« Pérésio »,
porte encore selon les régions, le nom de : poirette, poire
du seigneur, poire de diable, petite poire du bon Dieu,
épouache, pouésine, pouéarine.
Et
l'aubépine est appelée : pouarotié,
péritié, péri de St Jean.
Le
village, dit « POUESIO »,
devenu « POISEAUX », commune
d'Epieds en
Beauce, a le même sens étymologique que
« PEREIO »
( poire et oiseau) et confirme mon hypothèse.Il est
d'ailleurs
situé près d'une ferme nommée
« Limoron »,
signifiant « le bois à
Moron ».
(
Remarque faite par B. Legrand de la
Société archéologique du Dunois)
N.B.
Certaines notes m'ont été
communiquées par A. Prudhomme et J. Martin-Damezil, de la
Société des Sciences et Lettres du Loir-et-Cher.
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Compléments
sur l'histoire de PEREIO NEVELONIS (ouvrage de Madame Noelle
BONAMY-LANGE /janvier 1987)
Comme
je le vois, né de part et
d'autre de la voie terreuse Beaugency-Châteaudun, PEREIO
s'est
étendu le long de celle-ci, mais son coeur s'est
formé
dans l'enceinte comprise entre ce lieu de passage et la
« petite
rue » ou « rue de
l'église »,
où se trouvait alors le prieuré-cure et ses
dépendances. ( Un prieuré-cure comprenait
habituellement trois religieux dont le prieur était
curé
de la paroisse, les autres assurant les ministères de
sous-prieur, chantre, sacristain, cellerier, infirmier, aumonier...)
Après
la sage administration de
Charlemagne favorable à la paysannerie, puis
passé le
cap de l'An 1000, l'évolution de notre village est
constatée:
-
Il
reçoit le nom de son seigneur et devient PEREIO NEVELONIS.
-
La
construction de son église, sans doute en remplacement d'un
lieu de culte vétuste, est entreprise.
-
Sa
plus ancienne institution – la paroisse- est devenue
prospère. Ses biens sont mentionnés dans la bulle
du pape de 1139 « Gallia
Christiana »; ils comportent les revenus de : Terram
de FEUCIS – Terram de SUSVINNAI – Terram de MESLOUN
– Terram de PIRETO SUPER MALVAM – Terram de CASTRIS
– Terram de VILLEMAIN – Terram de TAUPENNES
– Molini de PORTA ( moitié du moulin) –
Molini de TAVERS. ( Cartulaire de Beaugency)
-
La
commune s'érige et devient le siège d'une
prévôté, donc administrée
par un agent domanial placé par le roi ou le seigneur, ayant
la charge de percevoir les impôts, les revenus, de rendre la
justice, de réglementer la vie communale...
-
Plusieurs
seigneurs y ont des fiefs importants et de grand rapport : le dernier
seigneur de Seronville, Jean-Baptiste d'Auray, possédait en
même temps Lierville, de Verdes. Il est connu par le grand
procès qu'il soutint et gagna contre le marquis de
Sauveboeuf, lieutenant-général des
armées du roi, dont le fils, le marquis Pierre de
Buffiès, avait tué le jeune seigneur de
Lierville, fils de J. B. d'Auray de Seronville. ( Histoire du
Comté du Dunois, de Bordas) ( Notes d'A. Prudhomme)
Cette
seigneurie passa ensuite aux mains des
Bénédictins de Bonne-Nouvelle
d'Orléans; puis elle fut transformée en ferme qui
conserve encore d'authentiques et nombreux vestiges de son
passé.
-
La
ferme de Villiers-le-Hard fut également autrefois
château et seigneurie.
-
Et
le lieu-dit « La Baronnette » ne
fut-il pas aussi la propriété d'un baron ou d'une
baronne?
Malgré
des améliorations
notables, le peuple souffre encore, par périodes surtout, de
nombreux maux: famines, épidémies, morts
prématurées,
redevances de toutes sortes, pertes d'animaux domestiques ou de
récoltes, etc...
Au
XVème siècle, de sa
royale demeure de Cléry, Louis XI – ce grand roi
dont on a
parfois médit – prend le village de Pré
Nouvelon en
considération et le gratifie d'une foire annuelle qui devint
l'une des plus importantes de la contrée. (voir photos
ci-dessous: Fête de St Lubin vers 1925)
Je
suggère qu'étant donné
le développement de l'agriculture et de l'élevage
à
cette époque, le mot
« pratum »=
« prairie » en
remplacement de
« Piretum » indiquant un lieu
boisé,
peut s'expliquer, non par confusion, mais par réalisation
effective.
